Je ne saurais tout dire et ne dirai pas tout, il y faudrait des volumes et des volumes bien ennuyeux. La "crise" arriva, les clients s'envolèrent et je restai sur le sable. Heureusement les clients payaient très tardivement mes honoraires. Une fois une maison construite, le client est ruiné,il a toujours été entraîné à des frais imprévus, il ne lui reste plus rien pour payer l'architecte et même pas toujours le peintre. Ces deux là doivent attendre des jours meilleurs.
Quand la crise m'eut enlevé mon travail, il me restait encore une assez forte somme à toucher, je ne touchai pas tout, je n'avais pas été le seul à avoir été ruiné, mais tout de même assez pour me donner le temps de me retourner. C'est alors que l'expédiai mon divorce.
Ce n'est pas une affaire dont j'aime beaucoup à parler, il y eut pas mal de linge sale lavé et bien mal lavé, il resta douteux. Pourtant il y eut un épisode amusant que je vais vous conter. Plus de trente années sont passées, il y a prescription.
Mon avoué, un camarade, me conseilla, vu le malheur des temps, de de-mander l'assistance judiciaire. Mais il fallait un certificat de non imposition et je payais des impôts. J'allai donc demander ce certificat chez un percepteur d'un autre quartier que le mien, chez qui, évidemment, je ne payais rien, et je pus divorcer sans grands frais.