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XLII

Autre affaire d'argent, toute aussi imprévue. Je déposai un certain brevet à une certaine époque. Je proposai l'achat de ce brevet à une certaine firme allemande, peut être l'invention lui aurait elle plu, mais, huit jours après, j'appris par hasard que cette invention avait fait l'objet d'un brevet déposé par un autre inventeur et trois mois avant moi. Ce sont des accidenta très communs. Pauvres inventeurs.

J'écrivis aussitôt à l'usine allemande en question quelque chose comme çà : "L'invention proposée a été brevetée par un autre inventeur avant le dépôt de mon propre brevet. En conséquence mon propre brevet ne vaut rien ..."

Mais comme j'aime à être facétieux, surtout avec les allemands qui ne sont pas habitués a la plaisanterie et que cette façon de faire amuse beaucoup, j'ajoutai ....

"Mais si vous voulez acheter tout de même, vous pouvez le faire."

Je reçus un télégramme en réponse "Nous achetons, mais pas plus de 500 mille francs". J'acceptai, moi-aussi par télégramme, et j'encaissai ce cadeau. Car il s'agissait bien d'un cadeau du personnel du bureau des brevets de l'usine en question avec qui j'entretenais d'excellentes relations amicales et qui avait trouvé ce moyen élégant de me faire une fleur (avec l'argent des actionnaires bien entendu). Envoyez moi des fleurs, j'aime beaucoup les fleurs.


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