Je tiens à écrire ici ce que j'ai à dire sur un sujet brûlant, peut-être celui sur lequel l'hypocrisie a le plus retenu les langues et les plumes. Si le mot hypocrisie vous gêne, vous pouvez le remplacer par les mots "politesse", "courtoisie","bonnes moeurs", voire tabou si vous avez lu Levy-Brull, c'est la même chose.
Ce tabou, la vie de caserne d'abord, cinq ans d'école des Beaux arts ensuite, sans parler d'un an de guerre,et de nombreuses années d'aventure, m'en ont définitivement guéri. J'appelle un schas un schas. Tout de même, pour respecter la vôtre, votre courtoisie, dont je ne vous fais aucun reproche, je tâcherai de modérer me plume et de me faire comprendre à demi mot, en tout cas sans gros mots, ce sera de la technique morale et c'est tout.
Le chapitre que j'aborde est celui des enfants. Ce sont des êtres charmants: qui n'a pas connu l'abandon sans réserve, l'abandon absolu, la confiance totale d'un poupon qui penche sa tête sur votre épaule, n'a pas connu une des plus. grandes joies de la vie. Et la beauté sans limites d'un petit garçon ou d'une petite fille du même âge jouant nu sur une plage, à quel que chose de divin que rien d'autre ne peut et ne pourra jamais remplacer.
Les cacas et les pipis ne sont que des inconvénients mineurs et nécessaires dont on fait bon marché et qu'il faut mépriser. Mais ce qui est proprement insupportable, c'est que ces bougres-là qu'on aime pourtant à la folie laissent paraître, et à la quatrième puissance, tous les défauts et tous les vices des hommes et des femmes adultes qu'ils seront plus tard. Ils n'ont pas encore appris à se voiler de loyauté candide et de lin blanc.
Alors, de ces êtres charmants, eh bien il arrive qu'on en ait plein le dos, et enfin on peut comprendre la réaction de certains pères de famille qui étranglent leur progéniture.
Je n'ai jamais eu que deux enfants et séparés par une grande différence d'âge, j'ignore ce qu'il en est des nombreuses familles et n'ai jamais eu envie de le savoir.
D'autres familles sont plus riches que la mienne, si on peut considérer comme une richesse, d'avoir à nourrir et a vêtir une nichée de six enfants voire beaucoup plus. J'ai connu et bien connu, à St Jean de Monts, un ami de mon père qu'on appelait le père 14, parce qu'il était le quatorzième enfant d'une famille légendaire qui avait parié avec une autre famille non moins légendaire à qui arriverait la première à 24 enfants. L'une des familles, d'après la légende, arriva à 24, l'autre ne put dépasser I8. Le père 14 s'appelait Averty, son père aussi sans doute aucun. Si on veut faire un mauvais jeu de mot sur ce nom on est libre de le faire, je ne m'en charge pas.
Que ceux qui se sentent le courage de jouer le rôle de pères nourriciers d'aussi "belles" familles, ne s'en privent pas. Ils ont ma bénédiction sans réserve. C'est leur goût, grand bien leur fasse, ce n'est pas le mien. Qu'ils veuillent bien souffrir mon goût comme je souffre le leur. Mais il existe, Dieu merci, d'autres hommes qui, comme moi, désirent maintenir leur production de chair humaine dans de plus honnêtes limites, ils doivent savoir comment s'y prendre pour y arriver et cela sans danger pour leur santé physique et morale.
Ma première belle-mère, qui d'ailleurs n'a jamais produit que deux filles, aimait à dire que le seul moyen vraiment efficace de limiter le nombre des naissances était de "mettre les outils au grenier". D'autres proposent de "couper tout ce qui dépasse". Voilà des remèdes fort efficaces s'il n'étaient pas utopiques.
La littérature contemporaine est pleine de recettes diverses. A mon humble avis ces recettes ne valent pas les quatre fers d'un chien et cela parce qu'elles sont, comment dirais-jet antinaturelles. Ce sont des "prothèses. On parait vouloir remplacer un membre par une jambe de bois. Drôle de façon d'opérer quand on possède deux jambes.
Il y à la méthode chimique, la pilule pour l'appeler par son nom. Il s'agit d'une hormone; je crie casse cou: les hormones sont des corps extrêmement actifs, par conséquent extrêmement dangereux. II est impossible de prévoir comment ils vont agir sur un organisme particulier dont on ne sait jamais rien par avance. A rejeter, c'est le diable.
Il y a un autre procédé chimique qui est le spermicide. Ce sera bon le jour où ce sera au point mais çà ne l'est pas. D'ailleurs on oublie régulièrement d'en mettre.
Il y a la prothèse proprement dite, l'accessoire mécanique. Il peut être masculin, en caoutchouc ou analogue, ou féminin. Masculin c'est un remède à l'amour fort efficace, parfaitement réussi dans le genre remède, cela suffit à le condamner irrémédiablement : l'amour c'est délicat. Pourquoi ne pas vendre des imperméables aux papillons ?
Féminins il y en a deux principaux : 1° le diaphragme. Je dirai et proclamerai d'abord qu'il est toujours dangereux de fourrer un instrument mal désinfecté (toujours) avec ses doigte sales (toujours) dans son "machin". C'est un endroit très sensible a la moindre infection. On a publié des livres et des livres sur ce danger. D'autre part je doute fort de l'efficacité de cet instrument. On m'a parlé d'une efficacité à 80 %, c'est 20 % de pas assez. cela doit être bien gênant pour les femmes qui n'ont déjà que trop de difficulté à trouver leur plaisir.
Il y a le "pessaire", plus communément appelé "stérilet".Il peut prendre diverses formes; il s'agit en tout cas d'un corps étranger en matière plastique, comportant d'abord un renflement destiné à le maintenir dans le col de l'utérus, ensuite un filament flottant à l'intérieur de l'utérus lui même sa présence détermine un avortement permanent. Les règles passent, doivent passer et passent, la fécondation peut se faire et se fait, mais les réactions de l'utérus à la présence d'un corps étranger empêchent la nidification de l'ovule sur la paroi de l'utérus. Si cette nidification est déjà faite, elle la détruit . C'est efficace à 100 %, je le croie bien que tout arrive.
Le danger réside en ceci: il y a réaction de rejet, c'est justement cette réaction qui chasse l'ovule. Vous voilà avec un utérus en état de perpétuelle réaction de rejet. Tout de suite ou à la longue il y aura infection. Les médecins prétendent que non, mais quels médecins ? D'ailleurs les médecins sont des menteurs diplômés.
Il vous reste à prétendre que je suis aussi menteur que les médecins. Pardon, moi je ne suis pas diplômé.
Mais pourquoi toutes ces inventions du diable, puisqu'il existe, depuis que le monde est monde, un procédé efficace à 100 %, naturel s'il en fut; (le Bible en parle ; d'ailleurs pour le frapper d'anathème a cause de sa trop grande efficacité) c'est le procédé d'Onan. A l'époque de l'ancien testament, la mortalité était telle qu'il fallait reproduire et reproduire encore, pour maintenir la population à un niveau qui n'était encore que trop bas d'où l'anathème de la bible. Nous n'en sommes plus là. Mieux vaut soigner les enfants quand ils sont malades et les soigner encore quand ils sont bien portants, et en tuer le moins possible ensuite plutôt que de se donner la peine d'en pondre de nouveaux.
Relisez l'histoire d'Onan, elle est cocasse.
Mais voici le procédé, ce procédé que personne n'ose écrire et que je n'en décrirai pas moins.
Il faut d'abord, madame, épouser un homme qui ait du "sens moral" et une certaine adresse. A vous de le choisir tel, au risque de laisser les imbéciles célibataires. Il existe de ces homes et beaucoup, dans toutes les classes de la société. Quel que soit son âge ou sa classe, un homme en vaut un autre, telle est ma devise.
Il faut ensuite, monsieur, d'abord que vous épousiez une femme fidèle. Çà ne court pas les rues. Il faut alors que vous fassiez l'éducation de votre femme pour qu'elle apprenne à rechercher et à obtenir son plaisir, le plaisir auquel elle a droit suivant toutes les lois morales du monde. Sachez que la faculté d'avoir du plaisir en amour est simplement naturelle pour les mâles, mais que les femelles humaines doivent s'y exercer,et souvent pendant des semaines, quelque fois pendant des mois, voire des années. Elles ne doivent jamais se décourager car toutes peuvent y parvenir. La seule condition,mais elle est nécessaire, c'est que la femme ne reste pas passive comme un ruminant, mais ait conscience de sa dignité et de ses devoirs envers elle même. A vous de choisir votre fiancée à la mesure de cet impératif. Laissez les autres devenir vieilles filles,il existe des couvents pour elles.
Je pose donc en principe que vous formez un couple que j'appelle normal, c'est .à dire un ménage formé d'un homme peut-être tout à fait ordinaire et peut être d'une femme tout à fait ordinaire, mais tous les deux capables d'efforts sans mystère dans la recherche d'un accouplement correctement ordonné et coordonné.
Voilà qui est bien. Vous couchez, monsieur, avec vous madame. Rejetez alors toute pudeur, le lit conjugal n'est pas le bon endroit pour se préoccuper de pudeur : chaque chose en son temps. Il sera temps quand vous serez rhabillés pour le moment laissez agir vos hormones.
Le mâle doit d'abord faire sauter une certaine capsule de garantie, une certaine membrane. cela se fait rarement sans un peu d'effusion de sang ; il arrive même que cette membrane soit dure et résistante, j'ai connu une veuve mariée autrefois pendant cinq ans et qui, ensuite avait eu un amant chirurgien, il avait incisé sa membrane au bistouri. Il en restait encore un bout, mon "calibre" fort important en eut raison. Faites donc sauter la membrane. A cette première opération madame n'éprouvera aucun plaisir et bien au contraire. En général c'est peu de chose, bien vite cicatrisé. Ne soyez pas brutal, monsieur, et laissez cette petite blessure cicatriser à fond, je vous autorise seulement en attendant a beaucoup caresser et consoler votre femme pour la rendre folle d'amour pour vous. S'il y avait hémorragie sérieuse, cela ne se produit que rarement, un peu de pyramidon pulvérisé l'arrêterait.
Tout remis en ordre, vous chapitrerez votre épouse et lui expliquerez bien en quoi consiste le "fameux petit frisson", comme disait Mistinguette, qu'elle doit rechercher et qu'elle doit rechercher avec assiduité et activité. Quand elle l'aura trouvé une fois, elle le retrouvera toujours. Sachez que le bonheur de votre ménage sera alors assuré définitivement, il n'en faut pas plus, mais cela il le faut absolument, ce n'est pas toujours facile à obtenir.
Quand les études de madame commencent, votre rôle n'est pas terminé. Vous aurez à aider votre compagne de vos conseils; mais surtout il faudra lui donner le temps de déployer ses efforts dans la recherche du plaisir qui lui est dû et, une fois qu'elle l'aura découvert, n'oubliez pas qu'il lui faudra toujours beaucoup plus de temps qu'il ne vous en faudra à vous même pour en obtenir l'accomplissement. Mais alors elle vous guidera et vous dira comment il faut vous comporter pour que tout se passe bien.
Il faudra, avant toute opération, un temps de préparation pour mettre madame dans l'état psychologique souhaitable, les caresses ne devront pas manquer. Cette préparation faite et même avant,vous aurez lubrifié votre instrument avec de la vaseline (la vaseline n'est pas une grossièreté, c'est un hydrocarbure). Avant de pénétrer, il faudra que vous, ou bien mieux ma-dame elle-même, écarte les broussailles des bords de la garenne. Ce sont là détails qui ont beaucoup d'importance et négliger ces détails a détruit beaucoup de ménages. Pour la suite vous savez, je l'espère, comment vous y prendre, d'ailleurs madame vous indiquera vos devoirs. J'insiste seulement sur ceci.
Vous retiendrez vos effets jusqu'au moment où votre
femme donnera des signes certains qu'elle a achevé son ouvrage. Il
arrive, rarement, qu'il devienne impossible de se retenir. Si, par
hasard vous n'y parvenez pas, excusez-vous et passez outre, vous ferez
mieux la prochaine fois. On vous par-donnera si ce n'est pas trop
souvent. Mais habituellement tout se passera bien et madame sera
satisfaite. (
)
Alors, qu'elle vous prenne à bras le corps à ce moment précis et qu'elle vous serrez contre elle. Bientôt vous sentirez les robinets s'ouvrir (cellules séminales et prostate). Ne vous affolez pas, le conduit est long et il faut un certain tempe pour qu'il soit parcouru d'un bout à l'autre. Alors sortez et "terminez vous" avec votre main droite, tandis que la main gauche recueillera la semence inutile.
Dès votre mouvement de sortie amorcé, et ceci est essentiel, votre femme aura levé un de ses genoux, sur lequel vous vous appuierez solidement, de façon à comprimer votre prostate pour la vider totalement. Ce genoux e aussi l'avantage de maintenir un contact intime.
Un dernier conseil. Jamais plus d'une fois en 24 heures, ou tous mes autres conseils seraient inutiles, les spermatozoïdes restent vivante dans votre tuyauterie, environ pendant dix heures.
Et maintenant tous mes souhaits de bonheur, et que ma recette ne vous empêche pas de faire un enfant de temps en temps. Appelez l'aîné Onan.