Parmi les travaux menés à bien à la fin de mon séjour à Canet et au début de mon séjour à Montpellier, il faut compter l'invention d'un petit accessoire, petit mais très compliqué, destiné à permettre la photographie stéréoscopique avec n'importe quel appareil 24 x 36. Je ne donnerai pas tous les détails, ce qui nous entraînerait trop loin. Voici le principal, on trouvera le reste dans les brevets et en étudiant les modèles construits.
Deux systèmes optiques symétriques dont les pièces principales sont d'une part un prisme a deux faces a réflexion totale qui couchent l'image, et d'autre part, une lunette de Galilée inversée, rétablissant le champ de l'objectif.
L'ensemble produit sur le film le résultat ci-dessous dans des conditions telles qu'aucun défaut sensible n'est introduit. Aucun besoin, avec ce procédé de retourner les images comme dans la stéréoscopie ordinaire. On emploie la diapositive telle qu'on la reçoit du laboratoire de développement.
L'appareil de prise de vue que j'ai construit, et qui fonctionne parfaitement, devait être complété par un stéréoscope pour l'examen des images stéréoscope ramenant ces images à la verticale pour l'oeil. N'ayant pu trouver aucun acheteur pour le brevet, j'ai arrêté mes études avant d'avoir terminé la mise au point absolument parfaite de ce stéréoscope qui actuellement reste un peu fatigant à utiliser, il ne faudrait pas grand chose pour le rendre parfait, les lentilles achromatiques dont je l'ai muni souffrent de beaucoup d'astigmatisme, il vaudrait mieux leur substituer deux plan convexes simples.
A titre de curiosité je signale que j'ai fait faire le calcul optique par un étudiant de Berlin utilisant "en perruque" la machine électronique de son patron, il m'a pria, pour ce calcul, la somme de 30.000 francs anciens, je lui ai proposé plus mais il a refusé. Ces calculs je les ai toujours. Je ne les ai pas suivis très exactement, pour simplifier la construction et en faisant cette simplification j'ai fait une erreur ce qui oblige à diaphragmer légèrement l'objectif de prise de vue s'il est à grande ouverture. La lentille divergente, je l'ai dessinée symétrique ...
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Il aurait fallu la construire dissymétrique, le stigmatisme aurait été meilleur et on aurait pu opérer à grande ouverture.
Les brevets déposés j'ai cherché les antériorités éventuelles. Comme d'habitude j'en ai trouvé quelques unes. Il y avait un appareil de prise de vue cinématographique construit sans succès par SOM Berthiot (décidément le relief au cinéma çà ne réussit pas), mais dans cet appareil les images n'étaient pas exactement disposées comme les miennes, mais comme ceci...
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Il y avait un brevet déposé longtemps avant le mien par un nommé GUINTRAND, ancien polytechnicien. Je pris langue avec lui et nous avons longtemps entretenu d'agréables relations d'amitié. Il avait 80 ans aux dernières nouvelles qui datent maintenant de cinq ans. Ce brevet de Guintrand indiquait le principe général mais aucune réalisation n'avait jamais été essayée.
Il y avait un brevet français déposé par un artisan parisien. Le principe était le même mais 1a combinaison comportait un prisme de trop, le plus curieux est que cela n'empêchait pas le fonctionnement, je vis l'inventeur et il me montra sa maquette qui fonctionnait bien. (nom Sabatier).
Tous ces brevets étaient dans le domaine public et, d'autre part aucun ne comportait de dispositif capable de rétablir le champ de l'objectif, réduit, pour Guintrand de moitié en surface et pour le dernier dans une proportion encore plus grande à cause du prisme supplémentaire. Mon brevet restait donc valable, mais, si un client suisse manifesta des velléités d'achat pendant quelques mois, il finit par ne pas donner suite, j'ai donc cessé de verser les annuités du brevet et maintenant n'importe qui peut exploiter sans frais.