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5. SuSE

Ce document explique comment j'ai installé la distribution SuSE 5.2 et comment je m'en suis trouvé bien.

5.1 Introduction

Les remarques ci-dessous valent pour la suse 5.2 française (juin 98). Les choses évoluent vite et les distributions s'améliorent, vous n'aurez peut-être donc pas les mêmes problèmes avec des versions récentes.

Les autres chapitres de mon histoire vous ont montré, si vous les avez lus (si vous ne l'avez pas fait et que vous êtes débutants, commencez par là), les déboires, malheurs et bonheurs que j'ai eu avec les différentes distributions du marché.

Je vous avais laissé alors que je n'étais pas trop mécontent de la Red Hat 5. Il se trouve que j'avais essayé brièvement la SuSE 5.1 (l'ancienne version, d'Aout 97) et que je l'avais trouvée assez bonne. Mais La seule distribution commerciale disponible sur Toulouse quand je me suis décidé à en acheter une était la RH5 et j'ai donc du m'en contenter. Pourtant, ayant décidé les collègues de mon lycée à installer Linux comme serveur de réseau, et m'étant chargé de l'opération, j'ai fait acheter la fameuse SuSE 5.2, celle dont il est question ici.

Cette installation ne s'est pas passée tout seul, entre un appareil HS et un détail de l'installation réseau non pris en compte par Yast, mais la différence est tellement en faveur de la SuSE que j'ai très vite décidé de l'installer chez moi.

Il en est résulté pour moi... un crash majeur, la nécessité de reconfigurer complètement mon disque dur et 15 jours de perdus. Mais je ne le regrette pas.

5.2 Avant tout

Travailler avec Windows 95/NT 4

Si, comme moi, vous partez d'une configuration Windows 95/NT performante, il vous faudra sans doute du temps (je prévoyais un an, au moins, il en faudra sans doute deux) avant d'arriver à une configuration Linux au moins égale. Voici donc quelques conseils pour utiliser Windows et Linux ensemble.

Il est très facile de faire coexister sur le même système et même sur le même disque Linux, Windows 95 et windows NT. C'est comme ca que je travaille en ce moment chez moi.

Sachez d'abord que je ne connais aucun moyen de lire avec Windows une partition Linux (sur le même poste - par réseau c'est très différent) et je ne suis pas sur que ce soit un inconvénient. En tout cas, pour la sécurité, c'est un avantage. Ce n'est plus vrai depuis peu (pour moi !). J'ai trouvé des utilitaires qui permettent de lire (pas d'écrire) une partition linux depuis dos ou une fenêtre windows et de recopier les fichiers linux sur un répertoire dos. Pas encore très commode, mais mieux que rien, sauf la sécurité... Il s'agit de e2cd.bat e2ls.exe e2cd2.exe e2part.exe e2cat.exe e2cp.exe e2pwd.exe. Ils sont sur le cd de la suse 6.0, répertoire /dosutils/ext2tool et leur utilisation est très simple.

Mais du coup, il est indispensable d'avoir une partition MS-DOS FAT16 pour servir d'échange entre Windows (en particulier NT, car Linux ne lit pas non plus par défaut les partitions NTFS) et Linux.

Sous Linux/Unix, les fichiers texte voient leurs fins de paragraphes marqués par un code LF (line feed - changement de ligne) alors que sous dos/Windows ils sont marqués par CR LF (Carriage Return Line Feed - retour chariot, changement de ligne). Du coup les textes dos paraissent un peu étranges sous Linux (un ^M qui représente le CR en fin de paragraphe), mais surtout les fichiers texte Linux s'affichent mal et s'impriment très mal sous dos.

Sachez que Write.exe (aussi appelé wordpad), au moins la version de Windows NT, affiche et imprime parfaitement les fichiers Linux. Du coup, je viens de modifier l'affectation des "documents textes" qui étaient dirigés vers notepad pour les diriger vers write (dans l'explorateur, affichage, options des dossiers, types de fichiers).

Clavier QWERTY

Il semble que les claviers des stations Unix sont des claviers QWERTY, donc sans accents. Il y a longtemps que je sais travailler avec ce type de clavier, qui est la configuration que l'on obtient sous dos en cas de difficulté avec les fichiers de configuration du démarrage. Cependant je n'ai jamais connu, sur PC, depuis les origines, que des claviers AZERTY.

Il y a deux façons pour les logiciels de gérer le clavier : les scan codes et les codes ASCII. Si le logiciel gère les codes ASCII, il récupère le code ASCII du caractère inscrit sur la touche. dans ce cas, peu importe quel clavier vous utilisez, q est toujours q, jamais a (dès lors, du moins, que le système est correctement configuré). Si le logiciel gère directement le scan code, il recoit directement un code lui donnant la position de la touche. Du coup, il ne sait pas ce qu'il y a marqué dessus. Par exemple, dans vi, C-] doit être compris C-$ car le clavier QWERTY a ] là où le clavier AZERTY à $. Vous devez connaître le problème qui se pose souvent avec les jeux.

Correspondance :

Voici les correspondances AZERTY vers QWERTY.

Les touches de fonction (ligne supérieure) ne sont pas modifiées, non plus que le clavier numérique.

Les chiffres (deuxième ligne) sont sur les mêmes touches, mais en minuscule au lieu de majuscule. la touche la plus à gauche, qui porte un petit 2 donne une apostrophe ouvrante (qui n'existe pas dans le clavier AZERTY) et, en majuscule, le tilde. Ensuite 1=!, 2=@, 3=#, 4=$, 5=%, 6=^, 7=&, 8=*, 9=(, 0=), )=-, °=_.

La touche Alt Gr n'est pas utilisée.

Pour les lettres, a=q, z=w, Q=a, w=z.

Les autres changements sont pour les touches de symboles, à droite des touches alphabétiques.

¨={, ^=[, £=}, $=],M=:, ,=;, %=", ù=', µ=|, *=\, ?=M, ,=m, .=<, ;=,, /=>, :=., §=?, !=/.

Toutes les autres touches sans changement. Je vous conseille de faire un plan de votre clavier avec les touches normales (AZERTY) et, en rouge, les touches QWERTY et de le garder à portée de main.

5.3 Récit d'une aventure

J'ai une vrai religion des sauvegardes. Etant assez "bidouilleur" de nature, je me retrouve assez souvent avec un disque dur vide. Au début, je faisais mes sauvegardes sur disquettes, c'était le temps béni des disques de 20Mo. Puis je suis passé au lecteur ZIP, que j'utilise toujours avec beaucoup de plaisir (et qui marche parfaitement sous Linux). Quand les disques durs ont dépassé le Go (j'en suis à 4Go), au prix de 100F les 100Mo de disquettes ZIP, le problème s'est posé à nouveau. Je suis passé au lecteur Ditto Iomega 2Gb. Je n'ai donc rien perdu d'essentiel dans le crash, 15 jours de travail quand même. Depuis j'ai appris que le ditto n'est pas utilisable sous linux. J'espère qu'iomega va cesser sa politique de refus de linux.

La faute à Linux

Je venais d'installer un serveur "pur Linux" dans mon lycée, alors que sur mon disque j'utilise dos, Windows 95, Windows NT et donc Linux. J'avais pris un certain nombre d'automatismes qui m'ont joué un tour. Au lieu de répondre à l'installation de lilo "le mettre sur le secteur principal de sa partition", j'ai répondu "le mettre sur le MBR".

Je sais pourtant que c'est la bêtise à ne pas faire, mais... je l'ai faite. Quand je m'en suis apperçu, cela ne m'a pas inquiété pour autant. Il est quand même anormal que Yast écrive sur le MBR (Master Boot Record = secteur principal d'enregistrement des partitions) sans vérifier que ce secteur "lui appartient". C'est vrai qu'il prévient du danger de l'opération, mais cet avertissement est abstrait et donc peu efficace (surtout quand on vient de passer une semaine à l'ignorer à raison).

Je suis sûr que Linux est capable de tester le "propriétaire" du MBR et d'en déduire qu'il peut écrire sans trop se poser de question si c'est lui-même ou redoubler de précautions si c'est un autre système d'exploitation.

La faute à Windows NT

Windows NT est depuis Juin 97 - ca s'est terminé en février 99 - mon système d'exploitation principal, celui oû je fais l'essentiel de mon travail. C'est au premier abord un système assez plaisant. Très lourd à manier, mais Linux ne l'est pas moins, beaucoup plus fiable et stable que Windows 95. Je conserve DOS/Windows 95 pour jouer et installer les quelques applications qui refusent de tourner sous NT, mais tout mon travail sérieux est fait sous NT (et les applications Krosoft : office et internet explorer).

Mais NT a des défauts que je découvre petit à petit (je n'en ai jamais douté, d'ailleurs, mais avant de connaitre Linux je n'avais aucune alternative). Il est très gourmand en mémoire ; au dessous du pentium 120 / 32Mo RAM, pas de salut. Il est difficile à configurer, j'y ai quand même passé 3 mois. Il n'est pas aussi stable qu'il le faudrait. En particulier pendant la période de mise au point, la gestion des pilotes de périphériques provoque souvent ce que les NTsiens appellent "l'écran bleu de la mort", l'affichage d'un dump mémoire suivant un arrêt brutal du système. De plus il est encore assez fréquent qu'un programme se plante, ce qui ne bloque pas NT, mais provoque un arêt système avec dump sur disque de la mémoire vive et donc quelques instants de blocage partiel. C'est en particulier le cas avec l'antivirus Thunderbyte (que pourtant je recommande vivement), NT ne gérant pas correctement les conflits d'accès aux fichiers.

Enfin NT n'est pas restaurable. C'est dû à l'usage qu'il fait de son "registre", en fait un groupe de fichiers systèmes, ouverts en permanence (c'est là le hic !) et ou se retrouvent stockés non seulement les paramètres essentiels du système mais tous les trucs et bidules de chaque programme, avec deux conséquences dramatiques : ces fichiers sont constamment modifiés (c'est pourquoi ils restent ouverts) et ils ne peuvent pas être sauvegardés correctement (un fichier qui n'est pas fermé a toujours des données en balade et ne peut donc pas être copié) et encore moins restaurés.

Cette sauvegarde est possible si on la demande à NT lui-même, qui traduit alors son registre en donnèes compressées restaurables. Mais cette sauvegarde est longue (plusieurs minutes) et ne peut donc pas être faite en permanence. Microsoft (que je ne veux pas accabler ici, j'essaie d'être objectif, même si c'est dur !) prévoit bien un système de récupération, mais il est basé sur le disque dur et ne convenait donc pas à mon problème.

Windows NT utilise un système de fichier personnel (baptisé Système de fichier de NT, en anglais NTFS) qu'il est seul (avec Linux ! - et NTFSDOS) à lire. En particulier il n'est pas possible de démarrer avec une disquette et de lire les fichiers. En fait il y a quand même deux moyens pour cela :

Bien sûr, vous devez commencer à me connaître, j'avais plusieurs disquettes de récupération, certaines assez récentes (quelques jours).

J'ai donc (rappelez-vous, j'ai fait lilo/MBR et écrasé le MBR d'origine) lancé une récupération du secteur de boot. Après 1/4 d'heures (multiplié par 5 ou 6 essais), NT n'a absolument rien récupéré. Le MBR de Linux ne fonctionnait pas (Linux, sur mon disque, est installé au dela des 2Go), mais NT n'avait même pas mis un MBR valide et avait même effacé la table de partition !

Si j'avais cru ça possible, j'avais encore le temps (avant d'utiliser NT !), avec une disquette d'installation de Linux contenant fdisk, de noter sur papier la table de partition de mon disque. A vrai dire, j'étais tellement persuadé de l'avoir déjà fait...

Ma faute... et celle de la fatigue de fin d'année.

Un élément essentiel d'un disque dur, que l'on ne modifie quasiment jamais est sa table de partition. C'est ça que l'on fait avec fdisk et dont vous avez déjà entendu parler si vous vous êtes mis à Linux, sans doute jamais si vous n'êtes encore qu'à Windows 95.

Cette table indique simplement au BIOS, au démarrage, comment est organisé le disque, où sont les différents systèmes d'exploitation... Il est très simple de la reconstituer si on l'a sur papier (il suffit de noter les numéros de secteurs donnés par fdisk). Si vous ne l'avez pas encore fait, faites le tout de suite.

Voilà ce que l'on peut faire, par exemple :

charles:/home/jdd # fdisk -l

ce qui donne

Disk /dev/hda: 255 heads, 63 sectors, 527 cylinders Units = cylinders of 16065 * 512 bytes

DeviceBoot Begin Start End Blocks Id System

/dev/hda1 * 1 1 128 1028128+ 6 DOS 16-bit >=32M

/dev/hda2 129 129 361 1871572+ 5 Extended

/dev/hda3 362 362 374 104422+ 82 Linux swap

/dev/hda4 375 375 527 1228972+ 83 Linux native

/dev/hda5 129 129 256 1028128+ 7 OS/2 HPFS

/dev/hda6 257 257 361 843381 7 OS/2 HPFS

en rajoutant | lpr à la ligne, vous pouvez même l'imprimer.

Si vous ne l'avez pas sur papier, mais que votre disque contient des données essentielles, ce n'est pas grave, un spécialiste peut la reconstituer. Mais, "à la main", il y en a pour plusieurs heures... et plusieurs milliers de francs. Néammoins dans certains cas cela vaut le coup.

Mais, moi, je n'avais rien d'essentiel qui ne soit sauvegardé trois fois (ditto, zip et disquette !) et j'ai donc décidé de restaurer tout à partir de mes cartouches ditto (donc sous NT). Bien sur, je n'ai pas encore configuré cette cartouche sous Linux, mais comme je devais de toute façon réinstaller la SuSE...

Problème initial

Tout est parti de mon désir d'installer la SuSE après la Red Hat 5. Ces deux distributions étant sorties en même temps et donc basées sensiblement sur le même noyau de Linux, j'ai pensé naïvement que je pouvais simplement installer la SuSE "par dessus" la Red Hat, c'est à dire sans supprimer la RH5. Grave erreur. Ces deux distributions s'installent différemment. Ne me demandez pas en quoi, je suis incapable de vous répondre, mais quand j'ai tenté l'expérience, tout ce que j'ai obtenu de Yast est un ensemble de lignes rouges et pas de résultat. Il y a là un défaut. Yast devrait être capable de s'installer, quitte à supprimer l'installation précédente.

D'où la nécessité de réinstaller... et les problèmes. Avec un peu d'expérience, je me rends compte maintenant que ces messages d'erreur n'étaient peut-être pas si graves que ca, mais à ce moment je n'avais pas les moyens de faire autrement.

Réinstallation de Windows NT

J'ai donc essayé de réinstaller NT. Ouai. Pour pouvoir relire mes sauvegardes, il fallait installer NT. Ne riez pas ! Les outils ditto fournis par iomega pour dos, windows 95 et NT sont incompatibles ! on ne peut pas relire sous dos une sauvegarde faite avec NT. J'ai donc revu mes partitions et divisé celle de NT en deux. Dans la deuxième, j'ai installé une version de NT "bare bone", c'est à dire minimale. A partir de là, j'ai installé l'utilitaire de sauvegarde/restauration et hop... une journée de lecture de bandes. Ces bandes ont un raport prix/capacité très avantageux, mais qu'est-ce qu'elles sont lentes !

Bilan : Ma partition Windows 95 restaurée nickel, mes fichiers de données essentiels, nickel, Windows NT Que nib ! Rien qui marche ! Visiblement NT ne peut se sauvegarder lui-même. Or il faut comprendre qu'au delà du "bare bone" NT il y a tout une série de configurations et des utilitaires nombreux (antivirus, winzip,...).

Heureusement, moi, malin, j'ai une liste de tous les paramètres sur un petit cahier d'écolier (j'ai réinstallé NT encore plus souvent que Linux, c'est dire !) et tout s'est donc passé à peu près bien.

Quand j'ai voulu réinstaller mon disque, j'ai rencontré de multiples difficultés, certaines dues à la malchance, d'autres à NT. Vous trouvez sans doute que je parle beaucoup de NT, mais je m'adresse à des gens issus du monde DOS/Windows 95 qui vont être pour la plus part obligés, comme moi, de faire cohabiter tout ce petit monde et le récit de mes malheurs et des solutions que j'y ai apporté ne peut que leur servir.

Quand NT s'installe, il commence par recopier tous ses fichiers d'installation sur le disque dur, puis fabrique trois disquettes (ça, on peut le court-circuiter, heureusement), redémarre avec ces trois disquettes (dix bonnes minutes) avant de commencer l'installation proprement dite. Dans mon cas, après tout ca, plantage : "il me manque un fichier". Mon CD de NT a souffert, je ne sais quand, et il est un peu difficile à lire, avec donc une erreur de temps en temps. Heureusement qu'il se lit quand même car, bien que je connaisse le nom du fichier manquant et que j'en ai une copie saine je n'ai jamais réussi à le mettre à la main là ou NT puisse le trouver.

Et puis, me semble-t-il (mais je ne suis pas tout à fait sûr de l'influence du mauvais cd là dedans), NT refuse de s'installer sur un disque qui n'a pas été partitionné par lui-même

Passons là dessus...

Gestion des partitions, un exemple concret

Serveur

J'ai finalement décidé les collègues de mon lycées à utiliser Linux comme serveur de fichiers, et je me suis donc trouvé à installer un nouvel appareil. Celui-ci est un 486 DX-2/66 que nous avons muni de 64Mo de RAM et d'un deuxième disque dur de 3.2Go (le premier faisant 500Mo).

Je me suis donc trouvé à nouveau dans la galère des partitions. Comment faire démarrer ce serveur avec Linux ?

Cette fois, après moultes discussions et consultations sur la liste SuSE, je pense avoir trouvé la solution définitive.

Solution

Les BIOS des appareils un tant soi peu anciens ne savent pas gérer les gros disques durs. Prenez comme idée de base que votre Bios ne sait sans doute pas gérer un disque plus gros que celui que vous aviez à l'origine. Ce n'est pas grave pour Linux, sauf pour une chose : au démarrage, tant que le noyau n'est pas lancé, Lilo doit obligatoirement faire confiance au BIOS pour la gestion du disque dur. Donc tout ce que Lilo gère doit se trouver dans une partition entièrement située sous la limite.

Il ne suffit pas qu'une partie de la partition soit en dessous de (dans mon cas) 500Mo. Il semble que linux utilise parfois le disque en commençant par la fin (les mystères de ext2fs).

J'ai donc créé sur mon deuxième disque (de 3.2Go) une partition de 500Mo (de toute façon bien suffisante pour Linux) et deux autres partitions, une swap de 80Mo et le reste monté en /smb pour samba et les clients.

Dès ce moment je n'ai plus eu aucun problème de lilo.

N'oubliez pas quand même que si cette solution n'est pas possible pour vous, il est toujours possible de démarrer le dos et d'utiliser Loadlin - c'est ce que je fais en ce moment à mon domicile.

Il est surement possible de regrouper tous les fichiers nécessaire dans une partition /boot réduite, je sais que certains le font, mais je n'y suis pas arrivé.

5.4 Installer avec la Suse

Démarrer

Le programme d'installation et d'administration de la SuSE est son point fort. Il s'appelle YaST, mais vous pouvez taper son nom en minuscule, le nécessaire a été fait pour qu'il réponde. Son principal défaut (version 5.2) est d'être en anglais. C'est fini avec la 6.0, tout ou presque est en français (mais parfois en anglais ou même en allemand - suse est allemand).

Dans la racine du CD1, vous allez trouvez un programme setup. Lancez-le (sous dos). Aussi curieux que ca puisse paraitre, je n'ai pas trouvé d'où démarer Yast sur le cd à partir de linux. Je n'ai pas dû bien chercher..

Après quelques questions simples, vous allez vous retrouver dans yast, sous Linux. Si vous avez le manuel, suivez les instructions. Sinon, faites pour le mieux, je ne vais pas recopier le manuel.

D'une façon ou d'une autre, vous allez devoir créer au moins deux partitions (celle de swap et celle de Linux) et affecter les "mount points".

Dans yast, beaucoup d'actions doivent être activées ou validées en pressant des touches indiquées clairement en bas de l'écran. Donc suivez les inscriptions, n'hésitez pas à demander l'aide (en général F1) et ne vous en faites pas trop, puisque vous avez tout sauvegardé, il ne peut rien vous arriver de plus grave que de perdre trois jours de travail.

Très clairement, vous ne pouvez pas savoir maintenant quelle est exactement la configuration dont vous avez besoin. Faites donc à peu près et prévoyez dans quelques mois de tout recommencer. Ceci n'est pas spécial pour linux. D'ailleurs, périodiquement, vous aurez à refaire tout, soit que vous ayez acheté un nouveau disque, soit que vous ayez simplement changé d'avis. Tous ca n'est pas grave.

Si, comme moi, vous n'en êtes pas à la première installation, vos partitions sont peut-être déjà actives et correctes, il faut donc juste ajouter un point de montage (/ pour la partition Linux, /dosc ou /mnt/dosc de préférence pour la partition ms-dos).

Installer un Linux minimum

Il vaut toujours mieux installer d'abord le minimum. Avec la SuSE, vous avez un grand nombre d'installations type qui vous sont proposées. Choisissez l'installation de base. C'est la plus rapide et donc celle qui vous fait perdre le moins de temps. Vous finasserez plus tard.

De plus, quand vous allez avoir à gérer les dépendances, ce sera plus simple.

Les dépendances

C'est un sujet qui inquiète toujours les débutants (et pas eux seulement !). Assez curieusement, même dans les installations type de SuSE il y a des problèmes de dépendance. Prenez le temps de les examiner tranquillement.

Les logiciels Linux sont fournis sous forme de "paquetages", dans des fichiers .rpm (Red hat et SuSE), .tgz (tout venant) ou .deb (debian). SuSE peut installer tout cela (en principe, je ne suis pas parvenu à faire installer un tgz par yast). Ces paquetages comprennent tous les fichiers nécessaires au programme sauf les "librairies" (les DLL de Windows) qui devraient se trouver sur votre disque et sont communes à beaucoup de programmes. La liste de ces librairies et indiquée dans le paquetage et yast sait la lire.

Donc yast vérifie que vous avez bien sur votre disque les librairies nécessaires ou que vous avez prévu de les installer. il vérifie aussi que votre programme n'est pas incompatible avec un autre. par exemple le compilateur mini gcc est incompatible avec le gcc complet (ne me demandez pas pourquoi...). Yast vous indique alors [EXCL] et le programme qu'il faut supprimer. Il vous indique aussi dans quelle liste (désignée par une lettre, a, d, x...) se trouve ce programme en trop.

Si yast peut tout seul se charger du travail (option "AUTO"), il va le faire, sinon il faut aller dans la liste (choisir/modifier une configuration) et désactiver le programme (vérifiez l'aide, la façon de faire peut changer d'une version à l'autre).

En fin de compte, quand vous demandez l'installation, yast doit vous dire qu'il n'y a aucun problème de dépendance et lancer l'installation.

Le deselect de la debian fonctionne un peu de la même façon.

Suite de l'installation

Prenez votre mal en patience, si votre appareil est un peu ancien, l'installation complète peut durer plusieurs heures pendant lesquelles vous n'avez rien à faire qu'à regarder. Sur un appareil récent, en un quart d'heure tout est torché.

Yast vous dit alors que c'est fini et qu'il va redémarer Linux. Méfiez-vous, c'est un redémarage "interne", qui marche toujours et qui ne prouve pas que vous pourrez démarrer Linux en allumant votre appareil, pour ca voir plus loin.

Donc Linux démarre. Vous allez entrer le mot de passe root et un message vous indique qu'il y a probablement des choses à configurer et que donc yast va démarrer, ce qui se produit.

Répondez alors aux questions sans trop vous faire de bile, tout cela pourra être refait plus tard. Une seule chose demande des précautions, mais là il ne faut pas se louper : l'installation de LILO (voir plus loin).

Vous allez donc arriver tranquillement à la fin de l'installation. Là il vous indique que tous les logiciels n'ont pas pu être chargés, car ne se trouvant pas sur le cd en cours et il vous demande si vous voulez le faire maintenant. Dites oui !

Yast va vous demander (selon ce que vous avez prévu d'installer) les CD 2 et 3. Méfiez-vous, tant que l'installation ne sera pas complètement finie, vous ne pourrez pas récupérer le dernier CD (l'ouverture du cd est bloquée tant qu'il n'est pas démonté).

En fin de compte, yast va vous annoncer qu'il doit mettre à jour une base de données en arrière plan. Laissez-le faire, sinon il va recommencer au prochain démarrage. C'est très long sur un 486... allez vous coucher et continuez demain.

Loadlin

LILO est le "Linux Loader", c'est à dire le chargeur de linux. C'est lui qui est chargé de lancer Linux sur votre ordinateur.

Enfin, ca c'est vrai si vous n'installez que linux. Si le dos est installé, LILO est dangereux. Ne l'utilisez pas avant d'être compétent pour cela (bientôt !).

La méthode la plus robuste, la plus simple, celle qui marche toujours, est d'utiliser Loadlin.

Pour cela, dans l'installation, quand on vous demande si vous voulez installer LILO, répondez NON.

Ensuite, dès que vous avez la main, copiez le noyau sur la partition dos.

Cherchez votre noyau. C'est un assez gros fichier (de 640Ko à plus d'un méga) appelé vmlinuz, zImage ou un nom du genre. Vous le trouverez sans doute à la racine de votre partition Linux, parfois dans un répertoire /boot.

Vérifiez que vous avez accès à la partition dos. Elle doit être montée là où vous l'avez demandé (/dosc ou /mnt/dosc).

Sachez d'abord que même si vous échouez complètement dans votre configuration, ce n'est pas grave, vous pouvez toujours démarrer du CD et revenir dans Linux, donc pas de stress.

Créez maintenant dans votre partition dos un répertoire linux. Pour cela, venez sur cette partiton (la commande est la même que sous dos : cd). Faites attention, il n'y a plus de \, Linux utilise partout des /.

Donc cd /mnt/dosc vous amène sur votre disque dos (et cela, même si c'est un autre disque physique que celui de Linux, surprise !). Vérifiez-le en tapant ls (l'équivalent Linux de DIR - notez que dir existe aussi).

Faites mkdir linux et votre répertoire est créé. cd linux et vous êtes dedans. "cp /vmlinuz ." (il faut taper le point, il fait partie de la commande, mais pas "") et vmlinuz est copié dans votre répertoire, ce qui doit être facile à vérifier.

C'est fini pour Linux, vous pouvez redémarrer... sous dos ! Faites donc Ctrl Alt Suppr pour arréter Linux proprement et lancez le dos.

Sous dos, vérifiez que vous avez bien un répertoire \linux et qu'il contient un fichier vmlinuz.

Venez maintenant sur le cd1 de SuSE. Vous allez trouver un répertoire "dosutils" qui contient lui-même un répertoire "loadlin". Copier dans c:\linux loadlin.exe et linux.bat.

Vous n'avez plus qu'à modifier linux.bat pour qu'il corresponde à votre système : les bon noms de répertoire, le bon nom de noyau et surtout le bon nom de disque (hd pour les disques ide, sd pour les disques scsi, a, b, c pour les noms de disque et 1, 2... pour les numéros de partition. Si vous vous trompez, vous ne risquez rien de plus que de planter l'ordinateur et de redémarrer dos, ce qui n'est pas trop grave. Si vous ne savez pas quoi mettre, regardez les valeurs avec fdisk (celui de Linux). Ces valeurs sont aussi affichées au moment du démarrage de Linux.

Dès que linux.bat est correct, quand vous le lancez Linux démarre. Si il vous demande une disquette, faites Entrée sans mettre de disquette et c'est tout (ca dépend des installations).

LILO quand même

Dans Yast, system administration, kernel and boot configuration, LILO configuration vous allez trouver votre bonheur.

Si vous n'avez que Linux sur votre appareil, vous pouvez installer LILO sur le MBR (Master Boot Record). Sinon c'est fortement déconseillé. Installez-le donc sur le "boot record of the root partition".

Pendant que vous y êtes, sachez que Lilo va démarrer par défaut la première configuration qui figure dans la liste, à vous de choisir.

Sachez également que pour que LILO démarre sans problème il faut absolument que la totalité de la partition Linux (racine) puisse être lue par le BIOS, cela signifie en général qu'elle doit être en entier en dessous de 1Go, même en dessous de 500Mo sur les appareils les plus anciens (j'en ai déjà parlé). Rien ne vous empêche de créer d'autres partitions pour Linux sur le reste du disque, bien sur. Quand vous serez un expert (c'est à dire meilleur que je ne suis au premier janvier 1999 !) vous pourrez finasser. pour l'instant, respectez cette règle ou démarrez avec loadlin.

Maintenant il ne vous reste plus qu'à rendre amorcable votre partition linux. Ca peut être fait sous n'importe quel système (dos ou linux) avec fdisk. Le nom du programme et sa fonction sont les mêmes quel que soit le système. C'est ce programme qui gère les partitions (c'est lui qui est appelé par yast).

Donc repérez votre partition Linux et rendez-la amorçable. Ayez quand même une disquette dos de démarrage avec fdisk dessus en cas d'erreur.

A ce moment, quand vous allumez votre appareil, vous verrez :

LILO...

Dans quelques secondes le système par défaut va démarrer (dos ou linux, selon votre choix). sinon tapez le nom du système que vous voulez démarrer. La touche TAB vous rappelle les noms que vous avez choisi.

Méfiez-vous, le clavier est encore en QWERTY, si vous avez choisi "windows" comme nom, tapez "zindozs" !


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