Je tourne assez souvent avec deux caméras, parfois même avec un enregistreur audio en plus. La raison principale est que je filme des orchestres de bal, et que l'emplacement le meilleur pour la vidéo n'est pas le même que pour l'audio. J'utilise donc une caméra centrale comme enregistreur audio et une caméra latérale pour faire des gros plans.

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  1.   1.  Résumé du matériel
  2.   2.  Format d'enregistrement et qualité
  3.   3.  Enregistrement audio
  4.   4.  Le son de la console
  5.   5.  Caméra centrale
  6.   6.  Caméra latérale
  7.   7.  Télécommandes
  8.   8.  Confort
  9.   9.  Usage

1.  Résumé du matériel

En juillet 2015, je possède un camescope Canon HF G10, un Camescope Canon HF G30, un réflexe 5DMKIII, un enregistreur audio Zoom H2N et un micro Rode VideoStereomic pro. J'ai également divers pieds photo et vidéo.

Le 5D est utilisé essentiellement pour les photos, sa qualité en vidéo est extrême, même meilleure que celle des camescopes, mais il est beaucoup plus difficile à gérer et ne peut filmer que 30 minutes à la fois.

2.  Format d'enregistrement et qualité

Après bien des essais, j'enregistre en 17Mb/s haute définition. Les formats supérieurs n'apportent rien de visible dans mes conditions de tournage. Je sort mes montages après édition en mp4 12.000 Mb/s et son 192 Kb/s qu'on ne distingue pas de l'original. Ces deux camescopes ont une qualité d'image extrême, ils sont aussi très résistants aux aléas comme les variations de couleur et d'intensité des spots et les passages au noir. Leur mise au point automatique avec suivi des visages est rarement prise en défaut.

On peut difficilement éviter parfois de très légers flous lors du changement de plans rapides. En fait soit on accepte ces légers défauts (peu visibles) soit on risque un gros coup de flou si un objet (spectateur) vient à passer dans le champ au cas ou la mise au point serait ultra-rapide. La profondeur de champ est trop faible pour se passer de mise au point.

3.  Enregistrement audio

Le micro interne de ces camescope est très bon, en avoir un externe n'est pas une obligation. J'en ai un, d'abord acheté pour le réflexe, mais comme je l'ai... je m'en sert. J'ai testé d'abord le Rode VideoMic mono, excellent, mais le son mono est trop "sourd" pour un concert. Le StereoVideomic est aussi très bon, mais il est un peu encombrant. Je me suis donc récemment tourné vers le VideoMic pro stereo, au moins aussi bon, et bien plus léger et moins encombrant. En particulier le StereoVideomic est assez long et, quand il est muni de sa fourrure anti vent, les poils viennent devant l'objectif du camescope. Le modèle "pro" est plus court et plus haut et n'a donc pas ce défaut. Il y a aussi une version "X", au prix délirant, justifié par des aspects utiles pour un professionnel mais pas pour moi.

J'ai aussi un zoom H2N, excellent enregistreur, pourvu d'options épatantes (mais dont je n'ai pas l'usage), à l'autonomie très grande (des dizaines d'heures) et de très bons micros. Je l'utilise surtout quand je peux repiquer le son de la console.

4.  Le son de la console

J'ai d'assez bons rapports avec les groupes et orchestres que j'enregistre pour pouvoir leur demander une prise de son sur la console. C'est indispensable en salle (restaurant) où le bruit de fond est infernal, mais pas vraiment quand on est en extérieur.

5.  Caméra centrale


Canon MSA-1

Cette caméra doit servir à la fois pour avoir un son central et une vue centrale du spectacle, utile quand il y a beaucoup de spectateurs ou pour les portions du spectacle avec effets de groupe. J'utilise un des camescopes - il doit tenir plus de 4 heures. En 17 Mb/s, une carte 32Go suffit.

Le camescope est réglé en mise au point automatique, luminosité automatique, et une fois monté le cadrage est réglé sur les cotés de l'orchestre.

Le micro est monté sur sa griffe (avec un adaptateur spécial Canon MSA-1 à prévoir avec le HF G10) et branché avec un jack 3.5 mm. Le niveau du son est réglé très bas (20%?), sur le micro, l'atténuateur -10db est activé, parfois même le filtre coupe-bas (les gros caissons peuvent saturer un micro, même performant, un orchestre de bal, ça envoie :-).


Installation avec
batterie externe
fixée sur une
des poignées

L'ensemble est alimenté soit par la batterie haute capacité du camescope (chinoise, plus de 4h d'autonomie), soit par une batterie LiIon de 8Ah en 8.4V que j'ai acheté il y a assez longtemps pendant des soldes et qui donne plus de 16h d'autonomie et se branche comme un chargeur sur la prise alimentation. Il faut donc un fil et la batterie est assez grosse, ce qui n'est pas gênant ici car ce camescope ne bouge pas. Je l'attache au pied avec un gros élastique.

Tout cela est monté sur pied. J'ai eu beaucoup de mal à trouver un pied correct à prix acceptable. J'ai longtemps utilisé un pied bricolé à partir d'un support de projecteur, mais il était vraiment trop souple. Le but est d'être assez haut pour passer au dessus de la tête des spectateurs, soit nettement plus de 2 mètres.

J'utilise actuellement un pied photo carbone chinois, payé autour de cent euros, monté au maximum, et surmonté de deux rallonges.

Une de ces rallonges vient de chine, comme le pied, l'autre vient de mon stock, hérité de mon père, en laiton nickelé, très beau, très rigide, mais lourd. Les rallonges utilisent toutes des filetages gros pas... ce qui ne cause aucun souci ici.

On doit donc être à environ un mètre au dessus du trépied. La tige n'est pas tout à fait droite, avec les raccords à vis elle zigzague un peu, mais elle reste assez rigide. Au dessus se trouve une rotule photo trois axes et le camescope.

Comme ca, je suis obligé de me mettre sur la pointe des pieds et de tendre le bras pour allumer le camescope. L'écran incliné me permet de surveiller l'enregistrement sans problème d'en bas. Par contre pour régler la visée, et surtout l'horizontalité, il faut une chaise, une caisse ou mieux un marche pied avec au moins deux marches.

Je démarre l'enregistrement dès que je vois que les musiciens se mettent en place et je ne touche plus à rien.

6.  Caméra latérale

L'autre caméra est donc l'autre camescope. Elle est utilisée avec son micro interne (pour avoir un son témoin et la synchronisation), par exemple la Canon HF G30 qui a un zoom optique puissant.

Je la monte sur un pied cinéma Alpha 9000, au prix raisonnable et qui dispose d'un bol 50 mm pour la mise à niveau. Il est à la fois très rigide et très fluide dans ses mouvements, même s'il n'a sans doute pas la solidité de ses homologues de marque 5 fois plus chers.

Toujours pour éviter les têtes des spectateurs, je monte la caméra sur une rallonge Manfrotto qui est de petit diamètre mais pour autant très rigide et qui ne m'a coûté qu'une trentaine d'euros.

Par contre, je suis obligé de la monter sur l'attache rapide de la rotule (qui n'est pas démontable), il faut donc avoir un adaptateur petit pas (coté attache rapide) gros pas (coté rallonge) en bas, dans mon cas une tige qui rajoute 4 cm de hauteur, ce qui n'est pas inutile, et à l'inverse un adaptateur gros pas (coté rallonge) petit pas (coté camescope) en haut, dans mon cas c'est la vis qui était à l'origine sur la rallonge ancienne, ces trucs c'est inusable. J'ai quand même une boite de raccord divers au cas où. Prévoir une pièce de monnaie pour visser l'attache rapide...

7.  Télécommandes

Mes deux camescopes sont munis d'une entrée pour télécommande lanc (à fil). J'en ai deux. Une petite avec juste trois fonctions: zoom avant ou arrière et enregistrement, de marque Manfrotto 585LNC télécommande pour trépied Modo Steady qui n'a plus l'air d'être au catalogue, et c'est bien dommage car elle était bon marché et marche très bien, même sans le trépied.

L'autre de mes télécommandes est une Benk qui ne coûte que moins de 30 euros mais qu'à l'époque j'ai dû faire venir des usa. Elle a un défaut qui fait qu'aujourd'hui elle est déconseillée (à tord) pour les camescopes Canon: le bouton arche arrêt ne fonctionne pas et avec le HF G10 qui a un allumage par poussoir il faut débrancher la télécommande si on veut arrêter le camescope. Je m'en suis accommodé pendant longtemps, en la branchant sur une rallonge car il était plus facile de débrancher la rallonge de la télécommande que de débrancher sur le camescope.

Il s'agit non pas d'un simple fil électrique mais d'un bus de données, on ne peut donc pas utiliser un simple interrupteur.

Ce défaut n'existe plus avec le HF G30 car ce dernier a un interrupteur à poussoir, donc mécanique... la Benk marche donc parfaitement, et j'utilise la Manfrotto sur le HF G10...

8.  Confort

La caméra latérale est utilisée en permanence pour zoomer, faire des gros plans ou des plans larges. Il faut donc, en principe, rester derrière tout le temps.

En fait on peut souvent la laisser en plan moyen, tout dépends des mouvements des artistes.

S'il faut rester derrière, une chaise, si possible avec un dossier, est presque indispensable, la positon du cameraman est très pénible.

9.  Usage

Pour le montage final, j'utilise essentiellement le camescope latéral. Le camescope central sert pour le son, certains plans de coupe généraux et en cas de souci avoir deux prises peut être essentiel (j'ai eu une carte mémoire qui a lâché, heureusement que j'avais l'autre appareil).