Charlie

Mes chers Parents,

Je me sens un peu ridicule de commencer cette lettre alors que je vous ai eu à la visio il y a cinq minutes et que je sais qu'elle vous parviendra dans presque six mois. Mais comme je vous l'ai dit tout à l'heure, j'ai été désagréablement impressionné par le manque d'intimité de la Visio, pour ne rien dire du décalage d'une demi-heure entre l'émission et la réception qui rend tout dialogue impossible.

Certains de mes camarades dépensent toute leur paye en visio. Pour ma part je préfère utiliser la minute mensuelle gratuite pour vous donner les nouvelles urgentes et le courrier écrit pour le reste. Celui-ci passe par les navires marchands, d'où le délai. C'est une drôle d'impression que de savoir que vous ne lirez ces lignes que dans tant de temps. J'en viens à hésiter sur le temps à employer dans ma lettre. Faut-il vous écrire : "Tout à l'heure je vais faire ceci..." ou "Il y a six mois, j'ai fait ceci...".

Je vais employer la première forme qui est plus naturelle, vous veillerez à corriger mes dires en fonction de ce que je vous aurai dit à la visio.

Je vais vous donner ainsi tous les détails qu'il serait impossible de donner à la visio et que je sais que vous appréciez tant. Vous avez vu que j'ai maintenant le crâne rasé. En fait j'ai subi un traitement qui empêche la pousse des cheveux, mais aussi de tous les poils du corps. Il paraît que ces éléments du corps humain rendaient fous les appareils d'épuration de l'air. Du coup ce produit est incorporé dans tous les aliments. Les médecins affirment que les poils repoussent naturellement dès que l'on arrête le traitement, il faut bien les croire. Au passage, il y a également dans la nourriture un produit anticonceptionnel. Pas question qu'une de nos charmantes compagnes tombe enceinte ici, la station n'est pas prévue pour cela.

Je suis vêtu d'une unique combinaison en papier non-tissé de couleur vert pâle, la couleur des équipes d'entretient dont je fais partie. Le service d'ordre est en rouge - parait-il, car je n'en ai pas encore vu un seul -, les scientifiques en blanc, les administratifs en jaune, les médecins en bleu. Le noir est réservé aux mécaniciens, et encore seulement quand ils ont à effectuer un travail très sale, ce qui est plutôt rare.

Je porte cette combinaison depuis la Terre. J'ai dû me déshabiller dès mon arrivée au terminal de la compagnie sur Terre et on m'a assuré que je retrouverais tout en revenant. Je n'ai absolument rien pu conserver, ni un papier, ni un stylo, rien. Je suis rentré dans le terminal nu comme un ver, rasé de partout et avec mes mains nues. Tout le nécessaire m'a été fourni ainsi qu'une photocopie de mes papiers personnels et de vos photos. Il parait qu'il s'agit de mesures de désinfection et de quarantaine. Le fait est que la même chose s'est produite à l'arrivée huit jours plus tard au terminal de Point Médian.

Il n'y avait pas eu huit jours de voyage, bien sur, mais bien huit jours d'instructions sur la conduite à tenir à bord de la navette. Nous étions vingt-cinq passagers, dix hommes et quinze femmes, tous jeunes et en parfaite santé. Le transfert vers Point Médian s'est passé sans la moindre difficulté si ce n'est que nous avons retrouvé dans le sas d'entrée des épreuves analogues à celles subies sur Terre.

Le processus de décontamination est simple. La victime est immergée tout entière dans un liquide aqueux à température agréable. Un casque est assujetti sur sa tête qui provoque un calme immédiat, mais sans aucune perte de conscience. Il devient facile de s'immerger entièrement dans le liquide et de le laisser pénétrer dans ses poumons. L'impression de noyade est forte, d'où sans doute le casque, mais aucunement justifiée. La respiration est assez pénible, lente, mais la viscosité du liquide est moindre que l'on ne s'y attendrait. Je ne sais pas de quoi est composé ce liquide, ce genre d'explication n'est pas fourni au petit personnel, mais il ne pique pas les yeux et permet de respirer.

Il doit être aussi antiseptique, du moins je le suppose car il faut y rester plus de deux heures. Sur terre, l'épreuve a eu lieu dans une piscine ou nous étions tous ensembles. Les casques n'étant reliés à l'extérieur par aucun fil, nous pouvions nous déplacer sans contrainte au fond de la piscine. Nous étions très légers et euphoriques. Les hommes étaient l'objet d'une forte érection, les femmes avaient leurs seins gonflés, mais les quelques tentatives d'actes sexuels qui ont eu lieu ont rapidement échoué devant les difficultés pratiques.

Au bout d'une heure nous avons tous été saisis d'envies irrésistibles d'uriner et de déféquer. On nous avait prévenus de ne pas y faire obstacle. Effectivement, le liquide était renouvelé très rapidement et nos déjections disparurent aussitôt. Pendant la dernière demi-heure nous pissions blanc, nous avions réellement l'impression d'avoir été lavés intérieurement.

Curieusement, il ne semble pas que cette opération - répétée à quelques variantes près à Point Médian - eut perturbé notre métabolisme ni notre flore intestinale. Je vais à la selle chaque jour régulièrement et ma fonction urinaire et sexuelle est normale.

Je ne vous décrirais pas Point Médian. D'une part cette description se trouve dans tous les journaux, d'autre part nous avons été "mis en boîte" le lendemain de notre arrivée et je me suis réveillé à pied d'oeuvre à la Station de Transfert de Saturne. Le voyage en hypothermie a pourtant duré quatre mois et demi, mais il ne m'a laissé aucun souvenir, ni même la moindre petite courbature.

Statrans, comme nous l'appelons entre nous est très impressionnante. Comme elle est prévue pour des séjours de longue durée elle est très grande et possède deux quartiers d'habitation à gravité normale. Vous savez qu'elle a été, pour l'essentiel, construite à Point Médian il y a maintenant dix ans pour remplacer l'ancienne station devenue obsolète, et envoyée en vol lent à sa position actuelle. Elle mesure cent mètres de rayon, ce qui lui permet d'assurer une gravité normale de zéro virgule huit G avec une vitesse de rotation très faible, d'environ un tour toutes les dix minutes.

Le principe de base est la forme d'un anneau, bien connu depuis l'aube de l'ère spatiale, mais pour les cinq cents et quelques membres de son équipage, la "jante" de l'anneau serait bien trop grande. On a donc construit uniquement un diamètre et à chaque extrémité un morceau d'anneau. Ces morceaux grandissent doucement d'année en année, grâce à l'apport des vaisseaux de marchandises qui laissent sur place les modules vides qui n'étaient utiles qu'à l'aller.

La Statrans ressemble donc un peu à deux croissants de Lune réunis par leur milieu. Le moyeu de la station sert de point d'amarrage aux navires en transit et de lieu pour les expériences en apesanteur. On a installé à cent kilomètres de la station un laboratoire pour les mesures en gravité nulle, que la masse de la station pourrait gêner.

L'Explorer est en construction à dix kilomètres de Statrans, il est maintenant presque fini. Comme il n'a pas de moteurs en propre (en dehors du moteur H, bien sûr), il possède un remorqueur, sorte de rémora sur le ventre de sa baleine.

Un des croissants de Statrans sert au logement, l'autre au travail. Un fil muni d'innombrables facettes miroitantes réunit les deux croissants le long du chemin normal de la roue pour éviter qu'un des scooters spatiaux vienne se placer sur la trajectoire de la station. Un tel accident s'est produit un jour, bilan un mort et quelques millions d'écus de dégâts.

Nous sommes bien logés, pour une station spatiale. Nous avons des chambres individuelles avec une table, une chaise, un lavabo, un four à micro-ondes pour réchauffer l'eau du café et un lit à largeur variable entre 70 et 120 centimètres selon l'envie et le nombre de dormeurs. La lumière est fournie par une "fenêtre" donnant sur une image de paysage en trompe l'oeil, que l'on peut modifier à volonté et qui dissimule une lampe. Il n'y a aucune ouverture sur le vide par sécurité et pour éviter le vertige.

Les parois sont en plastique doux au toucher, ainsi que le sol. Il est possible d'y fixer des décorations grâce à un système de ventouses. Un petit placard permet de loger les quelques affaires personnelles. Les toilettes sont à l'extérieur, ainsi que les douches, à raison d'une pour cinq chambres. Vous savez à quel point j'aime prendre un bain, et bien ici je devrais m'en passer. Même les douches sont rationnées.

Tout ici est recyclé. Je me souviens d'avoir lu que les premiers astronautes trouvaient que l'eau avait un goût d'urine. Je ne sais pas si c'était vrai, mais en tout cas ça ne l'est plus. L'eau, ici, est meilleure qu'en bien des endroits sur la Terre.

Je vous ai parlé de la couleur de nos combinaisons, mais je ne vous ai pas encore dit qu'elles sont en plastique très résistant et très peu salissant. L'extérieur est lisse mais l'intérieur est muni d'une sorte de petite fourrure rase très confortable. Le tout est très fin, on a presque l'impression d'être nu. Ce plastique est pourtant très résistant. Nous avons des gants de travail dans le même matériau, seulement à peine plus épais et élastique. On dirait une deuxième peau et un couteau ne l'entame pas.

Bien sûr, cela ne protège pas des coups de marteau, mais cela évite bien des petits bobos désagréables sans presque modifier le sens du toucher. J'espère pouvoir ramener une ou deux paires de ces gants en rentrant, c'est idéal pour le bricolage.

J'ai dit qu'il était possible de faire son café dans sa chambre. Il est également possible de se faire livrer par un distributeur dans le couloir toutes sortes de nourritures en tube, bien suffisantes pour les besoins quotidiens. Cependant il y a dans la station une vraie cafétéria avec de la vraie nourriture. Simplement, au lieu d'être gratuite elle est payante. Les prix y sont très bas, ce qui fait qu'il y a toujours beaucoup de monde.

Dès mon arrivée ici, après que l'on m'eut montré ma chambre, j'ai été invité par un voisin à la cafétéria. L'ambiance ici est très amicale. Il est difficile d'oublier qu'une grande partie du travail se fait à l'extérieur, en scaphandre et qu'alors la vie de chacun dépend de la vigilance de tous. Les a-sociables sont impitoyablement éliminés. Cela ne signifie pas qu'il faille sans arrêt vivre avec les autres, comme en témoigne la présence de chambres individuelles.

Mon travail n'est pas trop pénible. Il consiste à nettoyer toute la station. Nous sommes une vingtaine à ce poste, ce qui n'est pas trop. En effet nous devons nettoyer bien dix kilomètres de couloirs, au total (chacun est responsable de sa chambre), mais également l'extérieur de la station. C'est incroyable comme l'espace peut contenir de poussière et la micro-gravité de la station attire sur elle toutes sortes de poussières. Ces poussières sont gênantes car elles risquent à la longue de bloquer les mécanismes délicats qui donnent sur l'extérieur, elles gênent la vision des capteurs optiques et le fonctionnement des autres, enfin elle modifie l'albédo de la station, c'est à dire la quantité de lumière absorbée (et donc aussi la quantité réfléchie) par la surface. Tout ceci risque d'avoir un effet néfaste sur le fonctionnement des systèmes vitaux et doit donc être surveillé.

Le nettoyage intérieur est simple, le plastique dont sont constitués tous les murs provoque très peu de poussière et en retient encore moins. Nous disposons d'aspirateurs très perfectionnés, avec filtres centrifuges et micro-membranes qui trient les objets et poussières absorbés par taille pour la récupération. Nous disposons aussi d'appareil de nettoyages qui ressemblent un peu aux appareils à nettoyer la moquette. L'appareil projette de l'eau mélangée à du détergent et aspire ensuite l'eau sale. S'y ajoute un jet d'air chaud qui sèche instantanément le sol et un système de micro-filtration qui permet d'utiliser indéfiniment la même eau et le même détergent. Maman serait bien épatée de voir ça !

Le nettoyage de l'extérieur est bien autrement difficile. Pas d'air, donc pas d'aspirateur. Pas d'eau, qui se vaporise instantanément. Restent un système de plumeau pour les cas simples, mais la poussière se dépose un peu plus loin, un système électrostatique où c'est un champ électrique qui piège les poussières et un système humide où l'eau est "piégée" dans une sorte de gelée qui, à son tour, piège la poussière.

Un grand système électrostatique est situé à l'avant de chacune des sections de la station, à l'avant, dans le sens du déplacement, pour capter toutes les poussières de l'espace balayé par la station. L'analyse de ces poussières est précieuse pour les scientifiques, je ne sais pas au juste pourquoi.

Le travail en intérieur est relax, nous devons trois périodes de trois heures par vingt-quatre heures, séparées par une pause d'une demi-heure consacrée aux repas, soient dix heures imposées. Le reste du temps est libre. Je le passe en sport (nous avons plusieurs salles très bien équipées), en discussions avec des amis, en lectures ou à regarder des cassettes vidéo.

Le travail en extérieur, lui, est pénible et dangereux. Nos scaphandres ont beau être très résistant, certaines arêtes métalliques de la station sont coupantes comme des rasoirs. Une de nos tâches est d'ailleurs de repérer ces endroits coupants et de les adoucir, mais on en découvre tous les jours de nouveaux. Nos combinaisons sont en principe capable de colmater une coupure minime, nos combinaisons de travail usuelles, que nous conservons sous le scaphandre sont prévues pour se coller sur une coupure du scaphandre et la colmater le temps d'une réparation de fortune.

Depuis mon arrivée, il n'y a eu aucun accident grave, mais il n'y a que deux mois que je suis ici. Pourtant, il y a quelques jours, mon ami James s'est coupé au doigt. Il s'en est aperçu en voyant du sang flotter à l'extérieur de son scaphandre. Il a eu la peur de sa vie ! Heureusement, la blessure était due à une écharde métallique, plus fine qu'une aiguille, ce qui lui avait permis de perforer le scaphandre, mais qui avait permis au sang, en coagulant, de boucher le trou qui, de toute façon, n'aurait pas été assez gros pour provoquer une décompression. Cela fait quand même réfléchir et, depuis, nous sommes particulièrement prudents.

Les sorties à l'extérieur - en ce qui nous concerne - sont très brèves, rarement plus de deux heures, et limitées à une seule par jour. Une heure de travail à l'extérieur valant trois heures de travail à l'intérieur, nous n'avons pas à nous plaindre. Le travail des ouvriers de montage, qui se passe entièrement à l'extérieur, à raison de six heures par jour, est autrement difficile. Ils ont des scaphandres lourds, plus sûrs mais qui ne peuvent être manipulés sans un apprentissage long et difficile, c'est pourquoi nous ne les utilisons pas.

Mes chers papa et maman, on vient me chercher pour le repas, j'arrête donc ici cette lettre et je vais la poster. Je vous fais mille baisers, ainsi qu'à Edmond et Gabrielle, sans oublier le chat et le poisson rouge. Puissiez-vous continuer à prospérer en aussi bonne santé que j'usqu'à présent.

Votre fils affectionné,

Charlie.

Cher Joseph,

Tu trouveras ci-joint une copie de la lettre que j'ai envoyée à mes parents et où je décris mon voyage et mon travail ici. Je t'ai promis de ne rien te cacher, en mémoire de ces années où nous avons souvent partagé les mêmes femmes. Je dois donc ajouter ceci que je pouvais difficilement écrire à mes parents sans les choquer.

Statrans est un Paradis pour les coureurs de jupons dans notre genre. Parler de jupons ici est un peu anachronique, mais passons sur ce détail.

Les combinaisons que nous portons en permanence sont si moulantes qu'elles ne laissent rien ignorer des formes qu'elles recouvrent. Comme il n'y a à bord que des hommes et des femmes jeunes et en bonne santé, le spectacle est plutôt agréable. De plus ces combinaisons sont très douces et la friction de la fourrure sur les organes sexuels provoque une légère excitation permanente. Ici, tous les hommes bandent et toutes les femmes ont le bout des seins durci. Bien sûr, ce n'est que léger, sinon ce serait vite douloureux, mais quand deux partenaires sont excités, personne ne peut l'ignorer.

Qui plus est, il y a ici nettement plus de femmes que d'hommes. On m'a dit qu'à bord de l'Explorer il n'y aurait que des couples sous contrat, mais ils ne seront qu'une vingtaine, et avec des tâches difficiles et dangereuses.

A Statrans, la vie est assez douce et je soupçonne les concepteurs de la station d'avoir prémédité tout cela, ne serait ce que pour améliorer le moral de l'équipage. Il y a donc au total presque deux femmes pour un homme - le rêve !

Tu sais que je suis arrivé ici endormi. Au réveil il n'y a pas eu d'opération de désinfection comme précédemment. J'ai su depuis que le système de désinfection a été jugé trop lourd pour être embarqué sur Statrans. On nous a donc donné notre combinaison, un sac léger contenant une copie de nos affaires personnelles (rappelle-toi que l'original est resté sur Terre) et on nous a accompagné dans nos chambres.

Mon guide était une jolie blonde dont les formes, en apesanteur (la zone de réception est située dans le moyeu) se gonflaient voluptueusement. Le spectacle en gravité normale n'était pas plus laid. Arrivé dans ma chambre, et après m'en avoir montré la disposition, elle s'est approchée de moi. Elle pouvait difficilement ignorer l'effet qu'elle me faisait, même si je n'avais pas réellement l'esprit à ça.

"Tu sais que tu es mignon, mon chou."

Me dit-elle en s'approchant de moi et en me caressant sans vergogne le sexe. Je t'ai dit que la combinaison est mince. Une main de femme sur ma pine à travers la douceur de la combinaison, moi qui n'avais pas baisé depuis six mois, quel résultat voulais-tu que ça donne ! Une formidable érection ! Elle a alors fait glisser la fermeture éclair de ma combinaison, à ouvert le bas de la sienne, à levé la jambe gauche, s'est dressé sur le bout de son pied droit et s'est empalé sur mon vit.

Cela s'est passé si vite que je n'ai pas eu le temps de réagir. Ses seins avaient jailli de sa combinaison ouverte et ballottaient au gré de ses va-et-viens. Je lui ai mit les mains sous les fesses pour la soulager. Elle m'a soudain embrassé avec fougue, puis s'est redressée et a poussé un râle de plaisir. Je venais à l'instant de lui expédier une décharge de foutre comme j'en ai rarement donné. Le plaisir a failli me faire tomber par terre, mais j'ai réussi à m'asseoir sur le lit.

Cette furie m'avait suivi dans ma chute et était toujours à cheval sur moi, empalée sur mon sexe. Je commençais quand même à faiblir devant les émotions et elle s'allongea sur moi. Elle se mit à roucouler des mots doux et des compliments. Au bout de dix minutes elle se releva et sortit en me disant qu'elle repasserait me prendre peu après pour m'emmener au réfectoire.

Je n'avais pas prononcé trois paroles pendant l'action, tellement j'étais éberlué et sur le coup je m'endormis. J'ai même rêvé que cette fille était revenue et qu'elle me suçait le sexe. Je me suis réveillé pour constater que ce n'était pas un rêve, à l'instant même ou je jouissais une deuxième fois. Elle avala mon sperme avec délectation. Je te jure que même les prostituée à cent écus de la rue du Bac ne font pas l'amour aussi bien.

"Maintenant, jeune homme, assez joué, il est temps d'aller manger."

Je me levais, sans trop savoir s'il fallait la remercier. Je me suis contenté de la serrer dans mes bras et de l'embrasser dans le cou, ce qui la fit roucouler.

A la cantine elle me présenta à une de ses copines, aussi plate qu'elle avait des formes mais, comme je devais vite le constater, pas moins chaude.

"Bébé," dit-elle à sa copine,

"Bébé, nous avons reçu un arrivage de premier choix, tu m'en diras des nouvelles !"

Le reste du repas tourna autour de conversations anodines, mais les deux filles insistèrent pour m'accompagner dans ma chambre. J'étais assez fatigué, aussi je restais sur la chaise pendant que les deux copines se lançaient sur le lit dans une sarabande endiablée. Elles se léchaient mutuellement la chatte, en jouant à laquelle ferait jouir l'autre le plus et le plus vite. A ce jeu ma blonde compagne, sans doute mise en train par la séance avec moi, perdit la partie et se mit à gémir et à se trémousser. Elle était alors sur le lit, sa copine sur elle. Sa jouissance était si forte qu'elle ne put continuer son travail sur la chatte de la brune.

Ce spectacle m'avait redonné des forces, je me levais donc de ma chaise, me dirigeais vers le derrière de la brune qui s'agitais devant moi et je lui enfonçais ma pine lentement. L'orgasme de la blonde touchait à sa fin et elle ne gémissait plus que faiblement. C'est alors la brune qui prit le relais. Elle se mit à se tordre autour de ma pine, dans un mouvement de roulis, de plus je sentais les muscles de son vagin se serrer spasmodiquement autour de ma pine. C'est le jet brûlant de mon sperme qui devait déclencher l'orgasme de la brune, mais il fut encore plus bruyant que celui de la blonde. Dans sa jouissance, la brune se remit à sucer sa compagne qui repris ses gémissements. Les deux filles gémissaient donc tour à tour et j'avais du mal à ne pas me joindre au concert.

Au bout de quelques minutes je m'effondrai sur le lit, complètement épuisé. A cet instant jaillit un tonnerre d'applaudissement ! Pris par l'action, je n'avais pas remarqué que les cris de mes compagnes avaient attiré dans ma chambre tous les occupants voisins qui s'étaient délecté du spectacle. Je me redressai pour me r'habiller, mais un grand bonhomme blond, très jovial me pris par les épaules.

"Ben mon vieux, qu'est-ce que tu leur a mis !" Dit-il. A chaque arrivée de nouveau elles choisissent un homme bien membré pour le baptiser, mais je vois que cette fois elles ont trouvé à qui parler !"

C'était James, un gars du tonnerre, mon voisin et qui est devenu un de mes meilleurs amis.

Cette histoire, enjolivée comme tu dois t'en douter, a fait le tour de Statrans dans les jours suivants et même le Patron - comme nous appelons le Commandant de Bord) y a fait une allusion en me recevant avec l'ensemble des nouveaux arrivés, deux jours après.

"Votre réputation est déjà venue jusqu'à moi, Charlie. Si vous êtes aussi bon dans le travail qu'avec ces dames, je n'aurais certes que des félicitations à vous décerner. Veillez quand même à votre santé."

Inutile de dire les rires qu'ont déclenché cette apostrophe et la gêne que je ressentais. Mais tout cela était si bon enfant qu'il aurait été impossible de se vexer. Par-dessus le marché, ces racontars ont fait de moi l'étalon de référence de la station et toutes les filles voulaient passer dans mon lit. J'aime bien la variété, mais pas le travail à la chaîne. Après deux semaines, j'ai trouvé une adorable brune, grande, bien en forme et tendre comme une maman, qui est toujours disponible pour la bagatelle, jouit comme un bossu et ne sait quoi faire pour me faire plaisir.

Ne crois pas que c'est une imbécile, elle travaille comme assistante dans un labo et a bien plus de diplômes que moi. Dès qu'elle a constaté que l'affection que je lui porte correspond à la sienne envers moi elle a fait le ménage des prétendantes. Je l'ai surprise un jour au téléphone en train d'expliquer à une des pipelettes de Statrans que :

"Maintenant Charlie est mon homme, et j'entends bien que toutes se le tiennent pour dit !"

Depuis je suis beaucoup moins sollicité. Parfois quand même... n'insistons pas. Ma compagne s'appelle Mouche est elle en est une fine, je crois bien que je l'aime mais il est encore trop tôt pour prononcer les grands mots.

Voilà ou j'en suis, mon cher ami, et je regrette bien que tu ne sois pas ici avec moi. Pour autant je ne crains pas que ton lit soit jamais froid et tu trouveras certainement de jolies lèvres à embrasser de ma part.

Ton Charlie.