Installer Linux tout seul sur un disque est facile, le faire cohabiter avec Windows l'est moins. Il faut convaincre Windows de laisser de la place pour Linux.
Windows est un système d'exploitation totalitaire car il se comporte toujours comme s'il était seul au monde. Il y a donc extrèmement peu d'options prévues pour laisser de la place aux autres systèmes, pourtant nombreux (dos, Windows NT, OS/2, BeOS, Open dos et les variantes d'Unix comme FreeBSD ou Linux, et j'en oublie plein).
Le résultat est que Windows prends toute la place sur le disque, place ses fichiers n'importe où et vous laisse vous débrouiller. C'est en particulier ce que font les versions récentes de Windows 95 et Windows 98 avec le système de fichiers "fat 32". Si vous en avez la possibilité, évitez d'utiliser ce système de fichiers qui ne vous amènera que des ennuis.
Pour que plusieurs systèmes d'exploitation de disque (OS) puissent coexister, il est préférable que chacun s'installe dans son propre "appartement", le disque étant alors un immeuble en copropriété. Ces appartement s'appellent "partitions". Le programme qui permet la gestion de ces appartement (soit le partage de l'immeuble) s'appelle presque toujours "fdisk". Il y a donc un fdisk sous Windows (en fait, sous dos, Windows lui-même ne disposant pas de ce programme, ce qui est un comble ! Vous le trouverez sur la disquette de démarrage Windows).
Le caractère totalitaire de Windows fait que son fdisk ne peut gérer que les partitions dos (appelées msdos, fat, vfat...). En particulier il ne peut créer qu'une seule partition principale, alors qu'il y en a quatre possibles. Le fdisk de Windows NT (disk manager), lui, refuse de reconnaitre les autres systèmes et une inattention peut effacer ceux-ci, soyez donc prudent si vous utilisez NT.
Le fdisk de linux est un programme simple, très sûr et dont on apprends vite à se servir. Comme beaucoup de programmes "sensibles", on vous dira toujours de sauvegarder vos données avant de l'utiliser et c'est un excellent conseil, mais je n'ai jamais perdu de données à cause de ce programme. Notez quand même qu'il m'est arrivé d'en perdre à cause d'une mauvaise utilisation du programme - une erreur de réflexion, pas une erreur du programme. Il a fait ce que je lui ai dit de faire, mais parfois on ferait mieux de se taire.
Il faut donc être prudent, mais ceci dit il ne faut pas craindre d'utiliser ce programme.
Si vous installez une distribution (gCULTe, par exemple), vous aurez à utiliser fdisk au cours de l'installation (option "partitionner").
Il ne serait pas pratique d'aménager un grand immeuble en un seul appartement. Les gros disques durs d'aujourd'hui sont dans le même cas.
Mais les gros disques durs sont récents. Du coup il n'y a que 4 appartements prévus, on les appelle les "partitions principales". Sans surprise, elles sont numérotées de 1 à 4 (il n'y a pas de partition 0). Comme il fallait prévoir l'avenir, on a quand même prévu qu'une partition principale sur les quatres peut-être "partition étendue" (elle porte alors le numéro 5) qui, elle, peut être divisée en autant de partitions logiques que l'on veut (enfin, presque), numérotées 6, 7 etc. Notez que, même s'il n'y a qu'une seule partition principale la partition étendue sera toujours le numéro 5 et que les partitions logiques seront toujours numérotées à partir de 6. Notez également que les partitions logiques sont créées dans la partition étendue. Disons que si la partition étendue est le dernier appartement de l'immeuble (sur le toit ?) les partitions logiques sont les pièces de cet appartement.
Linux va avoir besoin de deux partitions. Une petite (moins de 100 Mo)et une grande (au moins 700 Mo pour avoir un environnement graphique, 300 Mo avec juste la console texte et 6 Go pour avoir tout linux). Tant qu'à faire, il vaut mieux lui attribuer des partitions principales.
C'est triste à dire, mais il va falloir démarrer Windows - de toute façon, au début, il n'y a rien d'autre sur le disque. Comme Windows se plante souvent, il n'est pas sur que le disque soit en bon état. Donc, dans le poste de travail ou l'explorateur vous aller cliquer du bouton droit sur le disque c:, puis du bouton gauche sur "outils". Là vous allez lancer "vérifier le disque". Si votre disque est vieux et que vous avez du temps devant vous, lancez une "vérification minutieuse", dans le cas contraire, contentez-vous d'une vérification normale (sans vérification de la surface du disque). Si vous n'êtes pas un expert, vous pouvez aussi cocher "réparer automatiquement".
Lancez. Ca ne devrait pas durer plus de deux ou trois minutes. Au delà, c'est planté. Il n'y a plus qu'à recommencer. Quand c'est terminé, vous allez nettoyer.
Venez dans le panneau de configuration, ajouter/enlever des logiciels et enlevez (désinstallez) tout ce qui n'est pas vraiment utile.
Avec l'explorateur, vérifiez qu'il n'y a pas des répertoires inutiles sur votre disque dur : supprimez le jeu fini depuis l'année dernière, les répertoires laissés derrière eux par les logiciels que vous venez de désinstaller ou ceux que votre fils a installés en douce. On peut parfois gagner plusieurs giga-octets ainsi !
Désinstallez maintenant votre anti-virus. Il vaut mieux le supprimer complètement, vous le réinstallerez ensuite. Ce que vous allez faire au disque ne peut pas plaire à un anti-virus et certains d'entre eux risquent de "tuer" votre disque en un acte suicidaire (je ne plaisante hélas pas).
Beaucoup d'antivirus (tous ?) installent dans tous les répertoires des "fichiers cachés" (attribut système ou caché, dans les propriétés du fichier). Il est particulièrement important de supprimer ces fichiers (et c'est assez difficile si l'anti-virus ne le fait pas automatiquement) car ils sont impossibles à déplacer.
Si vous avez installé un de ces utilitaires qui sauvegardent la table de partition (premier secteur) du disque dur, il faut absolument le désinstaller et le jeter, ces utilitaires détruisent plus de disques qu'ils n'en sauvent.
Enfin videz la corbeille. Profitez-en pour réduire sa taille. la valeur par défaut est de 10% du disque, soit 600 Mo sur un disque de 6 Go, c'est démesuré. 50 Mo suffisent largement.
Vérifiez maintenant dans l'explorateur, poste de travail, mode détaillé que vous avez récupéré assez de place.
Mettez votre cd n°1 de Linux dans le lecteur et recopiez sur votre disque dur le répertoire FIPS20 (généralement dans /dosutils/). Cela vous évitera bien des soucis (vous pouvez aussi le mettre sur une disquette).
Dans le poste de travail ou l'explorateur, sous "vérifier", vous trouverez "défragmenter". Lancez l'opération. Vous pouvez mettre en mode détaillé et regarder votre moniteur comme une télé, mais on s'en lasse vite et il est strictement déconseillé de toucher à l'ordinateur pendant ce travail. Si vous avez Windows 95, allez prendre un café. Si vous avez Windows 98 invitez votre copine (ou votre copain) à une petite bouffe (et plus si affinité) et revenez le lendemain après avoir bien dormi, frais et rose. Comptez quand même 4 ou 5 heures de travail si vous n'avez pas déjà fait une défragmentation hier.
FIPS est un utilitaire comme fdisk, sensible. Donc si vous effacez complètement votre disque dur, ne venez pas vous plaindre. C'était pour vous faire peur, mais, bien sûr, vous avez une sauvegarde qui date de tout à l'heure, isn't it ? En fait FIPS marche si bien que je n'ai jamais eu le moindre ennui avec. Mais chacun prends ses responsabilités, prenez les votres.
Si vous avez peur, utilisez "partition magic", un logiciel commercial de très bonne réputation, mais... commercial. Il ne coûte pas cher (quand même quelques centaines de francs) mais pour un usage unique, c'est de gaspillage.
Bref FIPS marche.
Donc. Relancez Windows en maintenant votre doigt sur la touche F8 pendant le démarrage. Ca va bipper, mais il faut au moins appuyer au lancement de Windows car ça ouvre un menu où vous trouvez aussi bien le démarrage en mode sans échec que le démarrage en mode dos, texte, ce que nous voulons faire.
Donc, démarez sous dos. Venez dans le répertoire fips20 et lancez fips. vous pouvez aussi démarrer avec une disquette système et lancer fips depuis la disquette.
Vérifiez que ce que fips vous dit est raisonnable (de toute façon vous n'y comprendrez sans doute rien, comme tout le monde). Si vous avez une disquette vierge formatée (bonne idée !) sauvegardez boot et root.
A un moment de l'analyse, vous allez avoir l'impression que fips est planté. Il n'en est rien, fips ne se plante jamais (!). Mais il lui faut du temps pour analyser le disque (plusieurs minutes par giga-octet de disque dans le pire des cas).
Au bout d'un temps qui parait toujours long (mais jusqu'à maintenant, rien n'a été écrit, donc aucun danger), fips vous affiche à gauche la taille de l'ancienne partition (celle de Windows) la plus petite qu'il puisse gérer et à droite la plus grande partition qu'il puisse libérer.
C'est là que vous verrez si votre travail de nettoyage a été efficace. Dans le cas contraire, il n'y a plus qu'à recommencer.
Avec les flèches gauche et droite du clavier, vous pouvez modifier ces valeurs. Laissez le plus possible de place pour linux, de toute façon vous vous servirez de moins en moins de windows.
Faites Entrée (touche passage à la ligne) et fips vous pause la question à 1000 F : voulez-vous conserver ces partitions (il vous en présente le détail). Si vous êtes courageux (ou que l'appareil n'est pas le vôtre...), répondez "c" (conserver). Sinon abandonnez l'espoir d'utiliser Linux. Linux n'est fait que pour les âmes grandes et fortes (et mes chevilles, elles sont fortes ?).
Horreur ! un lugubre message m'informe que command.com est introuvable et que la malédiction de Windows va s'abattre sur moi. Bon présage ! Quand windows pleure, Linux rit !
Rédémarrez. Laissez windows se charger, rien que pour voir si vous pouvez respirer. Ouf, ma drogue est intacte. Vérifiez bien que l'espace disponible sur le disque a diminué fortement.
C'est gagné.